Musique et danse de jerba Tunisie: Les fils de Sta Jomââ percussionistes sur les tambours géants.Les stratifications ethniques qui se sont succédés depuis la nuit des temps sous l’effet des facteurs religieux, sociaux, politiques et économiques ont donné à l’île des Lotophages, son caractère pluriethnique et confessionnel pour devenir une sorte de sanctuaire qui a épargné ses différentes minorité des affres des querelles et des représailles schismatiques ; ce qui lui a conféré l’image d’une mosaïque qui s’est harmonisée avec les siècles.
Amazighs, grecs, juifs, arabes, turcs, africains, sunnites, ibadites, et autres hanéfites ont façonné jerba pour devenir une Cité insulaire et les a façonné.
Plaque tournante du négoce terrestre et maritime méditerranéen, l’île s’est taillé une place importante dans le commerce des esclaves grâce aux liens entre les diverses communautés ibadites maghrébines.
Les fils de Sta Jomââ -musicien mythique avec Mohamed Tounsi- perpétuent, au grand bonheur des insulaires, les rituels des rythmes et des mélodies des Saltni, Âsmalli, Hammedi et sjel d’inspiration ottomanes de leurs anciens maîtres turcs, ainsi que leurs danses ancestrales du Gougou souvenir lointain mais inoubliable des savanes haoussas africaines.
L’attachement des jerbiens partout où ils sont établis aux sonorités, chants et rythmes, tahriba et barboura conservés jalousement par les fils et filles (Elloulou) de Sta Jomââ est symptomatique de l’enracinement des insulaires dans leur terroir. Les affinités et inter influences avec le patrimoine Kerkenien ramené par les Mellitas a été sans aucun doute d’un enrichissement certain.
Cette expression musicale originale qu’on ne retrouve nulle par ailleurs dans notre pays nous plonge paradoxalement dans l’atmosphère des expressions insulaires méditerranéennes comme si l’encerclement maritime joue le rôle d’un rempart qui préserve la pureté et la spontanéité des mélodies des chants et des rythmes.
Si vous avez l’occasion de passer par jerba n’hésitez pas à réserver une journée pour Guellala et faire une promenade avec Houssine Tobji à travers les salles de « son » musée qui surplombe l’île et ne ratez surtout pas le « magic hour » tout en étant bien installé sur la terrasse du musée, c’est des moments inoubliables de pur bonheur
article paru dans la version1 de maroc-music.net
auteur: azwaw blog: khilwelil.blogspot.com
mots annexes: stamballi, chkacheks, tambour, tunisie, maghreb, mezoued, musique des peuples.
fils de Sta Jomââ, musique et danse de Djerba.
Le: 01/01/09 par: mixana















